Le Dieu des Mouches

D'après Frédérick Tristan

 

Il est des textes qui vous marquent, qui vous hantent. "Le Dieu des Mouches" en est un. Comment ne pas se laisser emporter par la noirceur et la beauté de ce texte. Car c'est tout son paradoxe. Nous sommes entrainés, comme Elisabeth, dans un enfer que nous finissons par accepter, juste pour voir jusqu'où nous pouvons encore aller, fragile au bord de l'abime et en même temps fort de notre folie de pouvoir accepter le pire. Et c'est bien ce qui arrive sous l'emprise de ce "Dieu" que veut se croire Alexandre. Les protagonistes n'en sortiront pas indemnes et nous non plus d'ailleurs. Notre fascination et notre acceptation ne sont-elles pas des signes de notre faiblesse? Et c'est aussi ce que nous montrerons dans le rapport que peut entretenir le metteur en scène et "sa" comédienne. Jeu de pouvoir malsain pour avoir le simple droit d'exister sur scène face au regard du spectateur qui lui aussi accompagnera dans cette descente aux enfers.

Et il est important pour moi de faire entendre ce texte dans cette époque de repères flous où le moindre espace de notre désir (ou de notre non-désir) peut se remplir de croyances qui ne sont qu'une façon de dire encore "je suis vivant" même si la mort nous a déjà regardé de près et n'attend que son heure pour nous accueillir.

Vincent Eloy

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